Divertissement

le spin-off de Toy Story est le plus gros échec de Pixar (et c’est mérité)

le spin-off de Toy Story est le plus gros échec de Pixar (et c'est mérité)
Written by admin or

Maintenant que Buzz l’Éclair a atterri sur Disney+ aux États-Unis, on peut officiellement dire que le spin-off de Toy Story est le plus gros échec de Pixar et que Disney l’a bien cherché.

Après l’exploitation fauchée d’En avant au début de la pandémie et les sorties de SoulLuca et Alerte rouge directement sur Disney+, Buzz l’Éclair devait ramener Pixar et son public en salles, en plus de lancer une nouvelle saga dérivée du précieux coffre à jouets du studio. Le film réalisé par Angus MacLane a tout fait pour convoquer la nostalgie des trentenaires qui ont grandi avec le premier volet de 1995, tout en présentant le Ranger de l’espace à une nouvelle génération (celle qui n’a pas connu Les Aventures de Buzz l’Éclair).

Mais la compagnie a surestimé le projet, dont le crash cosmique met à mal l’avenir de la franchise autant que celui du studio à la lampe.

 

DE HÉROS EN ZÉRO 

À eux seuls, les quatre volets de la saga Toy Story ont rapporté près de trois milliards de dollars. Les deux derniers films sortis en 2010 et 2019 ont tous les deux dépassé le milliard au box-office mondial et se sont imposés parmi les plus gros succès de Pixar devant Le Monde de Dory et derrière Les Indestructibles 2. Même s’il a été pensé comme un ambitieux blockbuster et fait partie des films les plus chers du studio avec 200 millions de budget hors marketing, le spin-off sur Buzz l’Éclair est à des années-lumière de ses aînés

 

“Journal de bord à Star Command, c’est la merde”

 

Le film n’a encaissé que la maigre somme de 214 millions de dollars au box-office mondial et n’a donc pas atteint son point de rentabilité. Hors inflation, il a rapporté 180 millions de dollars de moins que le premier opus, près de 283 millions de moins que Toy Story 2 et environ 785 millions de moins que Toy Story 3 et Toy Story 4. La comparaison avec le reste des productions Pixar est aussi peu glorieuse. Jusqu’ici, le vilain petit canard était Le Voyage d’Arlo qui aujourd’hui pourrait presque se pavaner avec ses 332 millions de dollars de recettes mondiales.

Plus globalement, tous les Pixar sortis sur grand écran ont fait mieux et de loin, même les moins populaires comme Cars 2 (559 millions), Rebelle (538 millions), Monstres Academy (743 millions) ou 1001 Pattes (363 millions). Le cas d’En avant – l’avant-dernier Pixar sorti au cinéma – est quant à lui plus particulier et difficile à comparer. Le long-métrage de 2020 n’a gagné que 141 millions de dollars au box-office mondial, mais sa carrière en salles a été torpillée par le début de la pandémie.

 

Buzz l'éclair : photoDouble crash

Le film a dû se replier en urgence sur une exploitation en VOD seulement deux semaines après sa sortie à domicile, pour finalement arriver sur Disney+ moins d’un mois après son lancement sur grand écran. Buzz l’Éclair, qui devait profiter de la reprise et d’un contexte beaucoup plus favorable, est donc bien le plus gros échec commercial de Pixar à ce jour

Au-delà de Pixar, Buzz l’Éclair a été moins rentable que Les Bad Guys de Dreamworks (245 millions pour 80 millions de budget), Encanto de Disney qui était pourtant une déception financière (256 millions pour 150 millions budget) ou Sonic 2 (401 millions pour 110 millions de budget). Même des suites de franchises animées moins populaires comme Tous en scène 2 (407 millions) ou Comme des bêtes 2 (430 millions) peuvent regarder le dernier Pixar de haut. 

 

Buzz l'éclair : photoPas de quoi être fier

 

AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT

L’échec s’annonçait dès le week-end d’ouverture à 50 millions de dollars, soit 20 à 30 millions de moins que les prévisions. Si le démarrage n’est pas le plus bas ou catastrophique, c’est toujours moins que le lancement national de la plupart des suites de Pixar : Toy Story 2 (57 millions et 81 millions sur tout le week-end de Thanksgiving), Toy Story 3 (110 millions), Cars 2 (66 millions), Monstres Academy (82 millions), Le Monde de Dory (182 millions), Les Indestructibles 2 (182 millions) ou Toy Story 4 (120 millions). 

En ce qui concerne le box-office national, Buzz l’Éclair est un plus gros massacre encore. Le film n’a encaissé que 117 millions sur le territoire nord-américain, contre 123 millions pour Le Voyage d’Arlo, 191 millions pour Cars 2, 152 millions pour Cars 3, 162 millions pour 1001 pattes ou 223 millions pour Toy Story (pour ne citer que les plus faibles). Inutile de s’attarder sur le reste du catalogue, ce serait comme comparer un caillou à une montagne. 

 

Buzz l'éclair : photoBuzz l’Éclair vs le reste de Pixar

 

En plus d’être un projet plus difficile à vendre que d’ordinaire – un spin-off méta et ultra référencé présenté comme le film qu’a vu Andy avant Toy Story –, le film s’est aussi fait rouler dessus par d’autres blockbusters. Jurassic World : Le Monde d’après a débarqué en salles une semaine avant et a encaissé plus de 58 millions de dollars au moment de la sortie de Buzz l’Éclair, tandis que Top Gun : Maverick (qui était déjà à sa quatrième semaine d’exploitation) en a rapporté plus de 44 millions. 

L’autre concurrent que Disney a sous-estimé est Les Minions 2 : Il était une fois Gru. La suite d’Illumination est arrivée deux semaines après Buzz l’Éclair et a gagné plus de 107 millions de dollars pour son week-end d’ouverture, ne laissant que six petits millions au Pixar. En seulement 15 jours, le spin-off de Moi, moche et méchant a dépassé les 210 millions de dollars à domicile, soit presque autant que Buzz sur l’ensemble de son exploitation mondiale. La victoire est écrasante : les bestioles jaunes enregistrent actuellement plus de 717 millions de dollars au box-office mondial, tandis que Jurassic World 3 est aux portes du milliard et que Top Gun 2 l’a aisément franchi. 

 

Les Minions 2 : Il était une fois Gru : photoSe faire éclater par ça, c’est quand même la honte

 

Cette concurrence massive explique en partie la chute vertigineuse de Buzz l’Éclair qui a perdu près de 65% de fréquentation dès sa deuxième semaine d’exploitation (contre seulement 22,3% de perte pour Top Gun 2 et 59,6% pour Jurassic World 3). En comparaison, Toy Story 4 n’avait essuyé qu’une baisse de 52,1%, Le Monde de Dory de 45,8 % et Les Indestructibles 2 de 55,7% (ce dernier ayant cartonné à son lancement). 

Même s’il est loin des 4,5 millions d’entrées de Toy Story 4 en France, Buzz l’Éclair s’en est relativement bien sorti dans l’Hexagone (1,3 million d’entrées), mais cela n’a pas été suffisant pour combler toutes les fissures. À l’international, Pixar n’a pas pu compter sur la Chine pour gonfler son box-office. À lui seul, le marché chinois avait rapporté plus de 189 millions de dollars à Coco, 51 millions aux Indestructibles 2, et environ 30 millions pour Monstres Academy et Toy Story 4. Ce ne sont pas des sommes aussi importantes que pour un Marvel, mais à un stade aussi pitoyable, toutes les pertes sont conséquentes. 

 

Buzz l'éclair : photoLe signal de détresse de Pixar

 

L’ARROSEUR ARROSÉ 

Si Pixar a déjà connu quelques déconvenues, l’échec de Buzz l’Éclair aura plus de répercussions que celui du Voyage d’Arlo étant donné qu’il devait lancer une nouvelle franchise à gros budget et sûrement d’autres spin-off de Toy Story. La fin et la scène post-générique ont clairement annoncé une suite qui est fatalement compromise par l’accueil de ce premier volet. Mais le Ranger de l’espace pourrait rencontrer plus de succès dans un avenir proche.

En arrivant sur Disney+, Buzz l’Éclair devrait trouver le public qui l’a boudé à l’affiche et pourrait bien affoler les compteurs du service de streaming. Auquel cas, il s’agirait d’une preuve de plus que les spectateurs et les fans de la licence sont toujours là, mais plus dans les salles de cinéma, ce pour quoi Disney a une part de responsabilité. Au plus fort de la crise sanitaire, le studio a misé sur le développement de sa plateforme, assumant de s’éloigner des cinémas pour proposer plus de contenus et ramener des abonnés. 

 

Buzz l'éclair : photoVers l’infini et l’agonie

 

Après que Mulan, Raya et le dernier dragon, Jungle Cruise et Cruella soient sortis exclusivement ou en partie sur Disney+ aux États-Unis en accès Premium (donc avec un supplément à payer), les derniers Pixar Soul, Luca et Alerte Rouge ont été bradés et proposés en VOD classique, c’est-à-dire sans coût supplémentaire. De l’autre côté, les fenêtres d’exploitation ont été réduites à 30 ou 45 jours avant que les films basculent sur Disney+. Forcément, de nouvelles habitudes de consommation se sont installées et Buzz en a payé les frais. Disney semble être pris à son propre piège, les spectateurs et plus particulièrement les familles américaines délaissant l’expérience en salles pour attendre la sortie du film “gratuitement” sur la plateforme. 

Si Buzz l’Éclair qui s’appuyait sur une licence populaire n’a pas réussi à ramener le public en salles malgré les moyens déployés, le studio pourrait être assez frileux à l’idée de sortir le prochain film original, Elemental, sur grand écran. Comme au plus fort de la crise, l’avenir de Pixar est donc toujours incertain, même s’il semble de moins en moins probable que le studio puisse un jour retrouver ses lettres de noblesse ou son caractère événementiel. Et après l’inutile Bienvenue chez Doug, ce n’est pas la prochaine série Cars qui devrait prouver l’inverse. 


#spinoff #Toy #Story #est #gros #échec #Pixar #cest #mérité

About the author

admin or

Leave a Comment