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« Au PSG, après la révolution de palais, une révolution des mentalités ? »

« Au PSG, après la révolution de palais, une révolution des mentalités ? »
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« Tu défends, maintenant ? » En interpellant ainsi Neymar dès la 3e minute du Trophée des champions opposant le FC Nantes au Paris-Saint-Germain, dimanche 31 juillet, Antoine Kombouaré, l’entraîneur des Nantais, a résumé la ligne directrice imposée par (ou à) son homologue parisien, Christophe Galtier.

Il est tentant de voir dans les efforts de la star brésilienne les premiers signes de la reprise en main de l’effectif, annoncée par le président Nasser Al-Khelaïfi en juin dans Le Parisien : « On ne veut plus du flashy, du bling-bling, c’est la fin des paillettes. »

De nouvelles règles ont été promulguées : renvoi chez lui du joueur arrivé en retard à l’entraînement, petit déjeuner et déjeuner collectifs obligatoires, interdiction des téléphones portables à table, etc. Fini les privilèges et le dilettantisme, priorité au collectif et à la discipline : Christophe Galtier doit incarner le tournant de la rigueur.

Le poids des étoiles

Las, Nasser Al-Khelaïfi a déjà maintes fois tenu ce discours. Juin 2016 : « Au début, on a eu besoin de joueurs pour développer notre image. Aujourd’hui, (…) de joueurs qui mangent le gazon, prêts à mourir pour le club et pour ce maillot. » Juin 2019 : « Je ne veux plus voir de comportements de stars. »

Ce diagnostic correct des maux du club n’est en effet pas nouveau : une priorité accordée au développement commercial international au travers de recrutements prestigieux, mais au détriment de la politique sportive. La saison passée a ainsi été marquée par l’impact médiatique phénoménal du recrutement de Lionel Messi… et par son rendement sportif inversement proportionnel. Ou encore par la néfaste mise en concurrence des deux gardiens, Keylor Navas et Gianluigi Donnarumma. Et, surtout, par une énième élimination cuisante en Ligue des champions.

Le président du PSG demande au management sportif de corriger ses propres erreurs, d’exiger des stars qu’elles ne se comportent pas comme telles. Le « conseiller football », Luis Campos, a pris la suite du directeur sportif, Leonardo, rappelé en 2019 afin de… rétablir la discipline. Après la révolution de palais, une révolution des mentalités ?

Pour restaurer l’ascendant du club sur ses joueurs, Christophe Galtier, technicien très peu « paillettes », part avec le handicap d’un statut fragile : celui d’un bon coach local, sans notoriété internationale, sans grande expérience des compétitions européennes ni de la gestion des grands ego.

Les greffes de séduisants entraîneurs étrangers ayant suscité de cuisants rejets à Marseille (Jorge Sampaoli), Bordeaux (Vladimir Petkovic) ou Lyon (Peter Bosz), ce pari a peut-être une pertinence. Mais, nanti d’un palmarès modeste (Coupe de la Ligue 2013 et championnat de France 2021), Christophe Galtier pourra-t-il échapper à la comparaison avec des confrères plus prestigieux ?

Faute de « grand entraîneur »

Il est difficile d’imaginer qu’il sera plus soutenu que ses prédécesseurs en cas de résultats décevants ou de désaveu de la part des joueurs cadres… Unai Emery et Thomas Tuchel, essorés, avaient fini par renoncer à leurs idées de jeu, et Mauricio Pochettino s’est contenté de faire de la figuration.

Depuis Carlo Ancelotti (2011-2013), qui avait regretté un manque de considération de la part de ses dirigeants, le PSG n’a pas connu de « grand entraîneur » à l’autorité incontestable – devant les joueurs, les médias et les supporteurs. Les Pep Guardiola ne courent pas les rues, pas celles de Paris en tout cas.

La distribution change donc, mais la politique sportive ? L’effectif, malgré la volonté de le rééquilibrer depuis l’été dernier, reste pléthorique et galactique. Kylian Mbappé y a même renforcé son pouvoir, Messi devrait rester et Neymar ne pas partir.

Il ne faudra pas seulement à Christophe Galtier la capacité d’asseoir son pouvoir, mais aussi quelque science tactique pour trouver la bonne formule, d’autant qu’il lui est par ailleurs demandé de privilégier un style de jeu plus spectaculaire, à rebours d’un logiciel personnel plutôt défensif.

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Et puisqu’il jouera sa saison sur quelques matchs couperets en Ligue des champions, il aura en outre besoin d’un peu de réussite, tout en espérant que la reprise en main promise soigne le mental si friable du PSG dans les instants cruciaux.

Le nouvel entraîneur semble avoir abandonné son sécurisant 4-4-2 pour un 3-4-2-1 censé consolider l’assise de l’équipe sans amoindrir sa puissance offensive. Ce schéma suggère qu’il reste exclu de laisser une des trois étoiles sur le banc au coup d’envoi. Pourquoi pas : si Neymar défend, maintenant…

L’homologation du contrat de Christophe Galtier retardée par la Fédération française de football

La commission fédérale des éducateurs et entraîneurs de la Fédération française de football (FFF) a décidé, lors de sa réunion du 28 juillet, de mettre son avis « en délibéré » concernant l’homologation du contrat du nouvel entraîneur du Paris SG, Christophe Galtier. Selon le procès-verbal, consulté par l’AFP samedi 6 août, elle lui demande de « se rapprocher du Directeur technique national concernant ses obligations de formation continue ». Selon plusieurs médias, Christophe Galtier a entamé les démarches de régularisation de sa situation.

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