Sports

les coulisses du second sauvetage des Girondins de Bordeaux

Gérard Lopez entouré par son avocat Laurent Cotret (à gauche) et Thomas Jacquemier (à droite)
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Le passage devant la DNCG ce mardi après-midi a refermé pour les Girondins de Bordeaux une séquence de deux mois très mouvementée sur le plan extra sportif ! Une séquence où le club a tout simplement failli disparaître après la décision du gendarme financier du football français de le rétrograder en National 1, à deux reprises, en première instance puis en appel. Repêchés finalement in extremis en Ligue 2 grâce à l’aval du Tribunal de Commerce de Bordeaux, du CNOSF et de la FFF, les Girondins de Bordeaux ont frôlé la correctionnelle. Et ils sont passés par tous les états.  

A court terme, les supporters bordelais peuvent souffler et surtout se concentrer sur le terrain : “Place au sport”, tonne, depuis plusieurs jours, Gérard Lopez, le propriétaire et président des Marine et Blanc. Il était temps. Mais avant de passer complètement au chapitre sportif avec notamment le mercato, France Bleu Gironde vous propose de revenir sur les coulisses de ce second sauvetage des Girondins, en l’espace d’un an. 

Le jour où la direction a compris que ce serait très compliqué

Certains avaient compris, dès le départ, que ce serait un parcours du combattant, après la relégation sportive du club en Ligue 2. Et le 14 juin dernier lors du premier passage devant la DNCG, tout le monde en a pris conscience. Au-delà de l’audience très compliquée vécue par la délégation bordelaise, l’hostilité des contradicteurs du jour et surtout la présence non-autorisée d’un membre de l’instance, fin connaisseur du club, n’augurait rien de bon pour la suite. Cette personne n’hésitant pas à “détruire” le dossier bordelais tout en laissant fuiter de fausses informations à la presse sur les événements du jour. Son comportement lui vaudra d’ailleurs un petit rappel à l’ordre du patron de la DNCG. La direction des Girondins, elle, a la confirmation que certains membres du club, jouent contre elle depuis déjà plusieurs mois. 

“D’une, nous, on a été naïf et on avait pas grand-chose dans la manche; et de deux, on a vite senti que le dossier ne serait pas que financier et qu’on nous laisserait absolument rien passer”, explique un proche du dossier.

En coulisses, certains espèrent, en effet, voir le club déposer le bilan pour le reprendre en National 3. Des dossiers sont presque déjà ficelés. D’ailleurs, pendant les deux mois, plusieurs fuites interpelleront la direction du club au point qu’un mail sera envoyé par Gérard Lopez aux membres du conseil d’administration pour leur rappeler qu’ils sont soumis à une clause de confidentialité. Cette ambiance des plus malsaines au sein même des Girondins ne restera pas sans lendemain. 

Gérard Lopez, le propriétaire et président des Girondins de Bordeaux © Maxppp
PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

Selon nos informations, la structure du club devrait vite changer. Gérard Lopez a évoqué dernièrement la mise en place par exemple d’un conseil stratégique. L’option d’un directoire, avec à sa tête l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois et un ou deux proches, accompagné d’un conseil de surveillance, est aussi sur la table. En revanche, l’hypothèse de la nomination d’un président délégué a pris du plomb dans l’aile : “Le patron, c’est celui qui met l’argent, pourquoi ça changerait ?”, répète l’entourage du président des Girondins de Bordeaux.

Le jour où Fortress a tenté d’écarter Gérard Lopez

C’était lors d’un week-end de juin. La tension est alors très forte entre Gérard Lopez et ses créanciers, les fonds d’investissement américains, Fortress et King Street. Ces derniers décident tout simplement de “trader” la dette des Girondins en “distress”. C’est-à-dire de la mettre sur la place publique, et en gros, de la céder au premier qui vient avec un minimum d’argent sur la table. Les Américains proposent juste à Gérard Lopez de récupérer sa mise de départ, soit 10 millions d’euros, et un pourcentage de la valeur du club s’il est revendu. 

Selon France Bleu Gironde, deux hommes d’affaires américains travaillant avec des fonds d’investissement se montrent intéressés. L’un d’eux est copropriétaire d’une franchise NBA et d’un bon club de football européen. Ils prennent contact avec Gérard Lopez qui ne les accueille bien sûr pas les bras ouverts. Finalement, la tentative de Fortress échoue rapidement : “Cela ne pouvait pas le faire, le timing était impossible. Cette tentative était trop tardive et surtout désorganisée”. GL remporte ce premier moment chaud, alors que les négociations se poursuivent pour réduire la dette et que la commission d’appel de la DNCG approche. 

Le jour où Gérard Lopez a fait tapis 

“All-in” comme disent les joueurs de poker. C’est ce qu’a décidé de faire l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois entre la décision en appel de la DNCG et le CNOSF ! Un énorme coup de bluff où il a affirmé aux deux fonds d’investissement qu’il allait tout simplement tout planter et retirer ses billes du deal s’ils ne faisaient pas un effort important sur la dette pour sauver le club. “Il fallait leur rentrer dedans”, rétorque un proche de GL. Comme l’a révélé L’Equipe, Gérard Lopez menace tout bonnement ses créanciers de mettre le club en liquidation judiciaire. Et bye bye les 53 millions d’euros de dettes pour les Américains. 

Ce coup très risqué, Gérard Lopez l’assume aujourd’hui, en affirmant qu’il savait très bien que Fortress et King allaient finir par lâcher. Après trois jours de tensions, c’est ce qu’il se passera. Les fonds d’investissement accepteront de réduire la dette de 75% en abandonnant notamment purement et simplement la moitié de celle-ci. L’autre partie est restructurée. Et au final, la dette financière du club n’est aujourd’hui plus que de 8 millions d’euros grâce au récent transfert de Jules Koundé au Barça. 

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Gérer mes choix

Mais attention, cet effort hors norme des fonds d’investissement ne devrait pas rester sans lendemain. Ils ne comptent pas s’asseoir comme ça sur 26 millions d’euros. Selon plusieurs sources Outre-Atlantique, les conseils de Fortress et King Street mais aussi ceux du club réfléchissent à attaquer en justice la DNCG pour ingérence et afin d’obtenir des réparations sur les conséquences des décisions prises qui entraîneraient des moins-values importantes lors de ce mercato. Plusieurs clubs français pourraient se greffer au dossier. 

Le jour où Nasser al-Khelaïfi propose de prendre la parole

Dans le football français, c’est bien connu Gérard Lopez a peu d’amis, et donc pas mal d’ennemis. “Franchement, on a été très peu soutenu ces dernières semaines. On a même pris d’énormes tirs d’anciens joueurs. J’avoue que ce n’était pas facile pour les jours”, regrette l’entourage du président des Girondins. Au milieu de cette hostilité ambiante, un homme a proposé de sortir du rang, et pas n’importe qui : Nasser al-Khelaïfi, le président du Paris-Saint-Germain. Le dirigeant qatari était prêt à prendre la parole publiquement dans les médias pour apporter son soutien à l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois.

Nasser al-Khelaïfi, le président du Paris-Saint-Germain.
Nasser al-Khelaïfi, le président du Paris-Saint-Germain. © AFP
Bertrand GUAY / AFP

Un autre est resté en retrait mais il était l’un des rares “à ne pas casser du Lopez” dans les instances françaises. Il s’agit de Jean-Michel Aulas, le président de l’OL. “Il n’était pas non plus avec sa banderole “vive Gérard Lopez” mais, au moins, il n’était pas, contre nous, au contraire même !”, explique un témoin des négociations des dernières semaines.  


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