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ces habitudes qui agacent sur Vinted

ces habitudes qui agacent sur Vinted
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Dans le sillage du succès de Vinted évolue un modus operandi bien établi. Abaca

Si l’application est facile d’utilisation pour vider ses placards ou y faire de bonnes affaires, sa pratique vire parfois à la crispation. Témoignages d’utilisateurs au bord de la crise de nerfs.

Joy, 38 ans, responsable commerciale à Paris, pousse un soupir de satisfaction. Dans sa commande, son jean est bien là, et surtout conforme à la description de l’annonce Vinted où elle a passé l’achat. Elle s’étonne en revanche d’y trouver également un rouge à lèvres entamé, un élastique pour cheveux un peu fatigué, et deux sachets de tisane «minceur», le tout accompagné d’un petit mot griffonné au stylo et signé d’un smiley. De toute évidence, une petite attention à visée sympathique. Mais dont l’effet tombe à côté. «Je vois bien l’idée et l’enjeu crucial de l’évaluation derrière ces petits cadeaux “maison” mais là, on frôle quand même le “cra-cra”. L’injonction au corps mince jusque dans mon colis Vinted, ça me fatigue ! Je voulais un jean, point barre. » L’acheteuse, inscrite depuis 2017, regrette une tendance aux goodies inutiles – tout droit inspirée des codes du marketing en entreprise – de plus en plus fréquente dans les colis qu’elle reçoit. «Je n’ai pas besoin que l’on verse son vide-poches ou que l’on ajoute un énième tee-shirt dans ma commande… Je suis du genre minimaliste, tout cela finit à la poubelle. Si tout est conforme et que l’échange a été poli, il n’y a pas de raison que je m’abstienne de mettre cinq étoiles.»

« C’est comme si chacun avait un petit pouvoir sur l’autre. »

Charlotte, 32 ans.

Implication et communication

Avec ses 19 millions d’utilisateurs en France, on ne présente plus Vinted. La plate-forme de seconde main cartonne. Et avec son succès, évolue selon un modus operandi bien établi. On le doit à son système de fonctionnement, mais surtout aux usagers eux-mêmes, très soucieux de décrocher les cinq étoiles (meilleure évaluation sur l’application) après chaque transaction. Il en va de leur réputation et de leur indice de confiance, indispensable pour poursuivre les ventes et les achats sans susciter de méfiance auprès des utilisateurs. Mais cette notation, qui s’est généralisée sur Internet, engendre un phénomène d’implication et de communication qui vire parfois à la tyrannie de la courtoisie.

«C’est comme si chacun avait un petit pouvoir sur l’autre», analyse Charlotte, 32 ans, graphiste à Bruxelles. Cette jeune maman vend et achète sur Vinted pour renouveler la garde-robe de ses deux enfants. Son (petit) défaut : laisser en «vu» des messages qui attendent une réponse. «J’ai un syndrome de procrastination très poussé. Je reçois tous les jours beaucoup de mails et de messages Whatsapp, alors je fais le tri mentalement. Dans ma charge quotidienne, il va sans dire que Vinted passe en dernier, notamment les demandes trop impliquantes comme l’éternel “serait-il possible d’avoir une photo portée ?”. Pour un tee-shirt à deux euros, j’abandonne. Mais derrière, si le vêtement est vendu, je le paye avec un sale commentaire…».

Il y a aussi sa variante : «Combien de centimètres depuis la taille jusqu’à l’encolure ?». Émeline, Lyonnaise de 40 ans, s’agace. Cette adepte de vêtements de seconde main voit à travers ce site un moyen de se débarrasser de son «trop-plein de vêtements». Elle n’entend pas faire de manières pour les vendre et espère de ses clients, habitués aux services commerciaux des entreprises, qu’ils revoient à la baisse leurs attentes. «Je ne suis pas une professionnelle de la vente, ce qui implique que je ne sais pas répondre à une question type “Ça taille comment?”. Je pratique des prix vraiment bas, donc si on veut faire une affaire, il faut accepter de prendre un petit risque.»

Négociations abusives

« Une fois l’offre acceptée, il n’est plus question de parler de prix. »

Samia, 40 ans.

Si les attentes des clients d’Emeline et de Charlottes sont parfois pesantes à gérer, pour Zoé, l’exaspération provient des «négociations abusives». Cette Parisienne de 32 ans, se désole de voir la philosophie du chineur réduite en poussière. «Les négociations font partie du jeu, mais quand on me fait une offre à un prix divisé presque par deux alors que je propose un vêtement neuf de marque, avec étiquette, à 50% du prix initial, je me sens insultée». Dans cette démarche de négociation, quelques bonnes âmes acceptent systématiquement de baisser le prix. C’est le cas de Samia, 40 ans, toujours prête à jouer le jeu de la «négo». À condition de suivre quelques règles. «Une fois l’offre acceptée, il n’est plus question de parler de prix. Il m’est arrivé qu’on revienne à la charge pour baisser encore un peu plus le prix, mais quelle impolitesse ! Idem pour ceux qui ne disent pas “bonjour”, négocient direct, demandent une photo portée. Je la fais, je l’envoie, et pas de réponse. Ni merci, ni rien. C’est pénible.» Malgré tout, elle relativise : «Heureusement, ça reste une minorité de personnes.» La licorne lituanienne n’intervient pas dans ces interactions. Mais ayant à cœur de faire régulièrement évoluer sa plate-forme – on l’a vu encore dernièrement avec l’installation des consignes en supermarchés à Paris et en Île-de-France -, peut-être envisagera-t-elle de nouvelles améliorations. Et qui sait, une charte de bonne conduite.

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