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Ce que l’on sait des premiers décès de personnes atteintes de la variole du singe

Ce que l'on sait des premiers décès de personnes atteintes de la variole du singe
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Ces derniers jours, cinq personnes atteintes de la variole du singe sont mortes hors du continent africain, où la maladie est endémique. En tout, dix personnes sont décédées après avoir attrapé la maladie depuis mai.

Depuis mai, les cinq premiers décès liés à la variole du singe dans le monde ont été signalés en Afrique, où la maladie est endémique et a été détectée pour la première fois chez l’homme en 1970. La plupart des contaminations sont toutefois concentrées en Europe, où se trouvent 70% des 18.000 cas détectés depuis début mai et 25% dans les Amériques, selon le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Parmi ces milliers de cas, cinq décès d’hommes ces derniers jours ont été signalés hors du continent africain: deux en Espagne, un en Inde, un au Brésil et un au Pérou. Il n’est toutefois pas établi précisément, pour le moment, que la variole du singe est à l’origine de ces décès.

Un homme avec “des comorbidités graves” mort au Brésil

Un homme de 41 ans porteur de la variole du singe est mort jeudi dernier au Brésil. Il s’agissait du premier décès lié à la maladie hors d’Afrique et du sixième au total, ont annoncé vendredi les autorités locales. Un homme “atteint de variole du singe qui était suivi à l’hôpital pour d’autres affections cliniques graves est décédé jeudi”, a déclaré le secrétariat à la Santé de l’État brésilien de Minas Gerais (sud-est).

Le patient, qui selon les médias locaux avait de graves problèmes d’immunité, est décédé à l’hôpital Eduardo de Menezes de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais.

“Il est important de souligner qu’il avait des comorbidités graves, pour ne pas susciter de panique dans la population. La mortalité (liée à cette maladie) demeure très basse”, a déclaré le secrétaire à la Santé de Minas Gerais, Fábio Baccheretti, qui a expliqué que le patient suivait un traitement contre le cancer.

Selon le ministère de la Santé, le Brésil a recensé près de 1000 cas de la variole du singe, la plupart dans les États de Sao Paulo et Rio de Janeiro, également situés dans le sud-est du pays. Le premier cas avait été détecté le 10 juin, chez un homme ayant voyagé en Europe.

“Deux hommes jeunes” morts en Espagne

Le ministère espagnol de la Santé a annoncé vendredi la mort d’une personne atteinte de la variole du singe, considérée comme le premier décès jamais enregistré en Europe d’un patient contaminé par cette maladie. Il n’a toutefois précisé ni la cause, ni la date du décès, ni plus d’informations sur cet homme. Le lendemain, le ministère a annoncé la mort d’une deuxième personne atteinte elle aussi de la variole du singe.

Il a expliqué que les deux victimes étaient “deux hommes jeunes” atteints “de la variole du singe” et que des études étaient en cours pour avoir plus “d’information épidémiologique” sur ces deux cas, afin de comprendre ce qui avait causé leur mort.

Pour le moment, on sait seulement que le deuxième décès concerne un homme de 31 ans qui était hospitalisé à l’hôpital de la Reine Sofia à Cordoba, dans le sud du pays, selon un communiqué des autorités andalouses. “Les échantillons prélevés pendant l’autopsie devront permettre de déterminer si la cause du décès est la méningoencéphalite [causée par l’infection, ndlr] ou une autre pathologie”, ont-elles ajouté.

En Espagne, l’un des pays comptant le plus de cas dans le monde, plus de 4200 personnes ont été infectées selon les dernières données du Centre de coordination des alertes et des urgences sanitaires. “Parmi les 3750 patients (…), 120 cas ont été hospitalisés et deux sont décédés”, a-t-il indiqué dans son rapport publié samedi.

Un patient mort d’une septicémie au Pérou

Un patient séropositif qui avait abandonné son traitement contre le VIH, et était infecté par la variole du singe, est décédé lundi au Pérou où plus de 300 cas ont été répertoriés, a annoncé un responsable de santé.

L’homme, âgé de 45 ans, “est arrivé à l’hôpital dans un état très grave avec la variole du singe. Sa santé s’était affaiblie après avoir abandonné son traitement contre le VIH”, a déclaré le directeur de l’hôpital national Dos de Mayo, Eduardo Farfan sur une radio locale.

“Il n’est pas mort de la variole du singe mais d’une septicémie” causée par un système immunitaire affaibli, a ajouté le directeur de l’hôpital situé à Lima. “Le problème est qu’il s’agissait d’un patient présentant d’autres morbidités”, ce qui l’a rendu plus vulnérable “et il a décompensé”, a déclaré Eduardo Farfan. Admis mercredi “hautement infecté” par le virus, “les germes qui ont envahi sa peau ont comprimé ses poumons”, a expliqué le directeur de l’hôpital.

Un mort en Inde après “des symptômes d’encéphalite et de fatigue”

Les autorités indiennes ont annoncé lundi la mort d’un homme contaminé par la variole du singe, ce qui pourrait constituer le premier cas mortel de la maladie en Asie. Le ministère de la Santé de l’État du Kerala, dans le sud de l’Inde, a précisé que des tests sur la victime de 22 ans, décédée le 30 juillet, “montrent que l’homme avait la variole du singe”. Mais il n’est pas encore établi clairement si la cause du décès est bien la variole du singe.

La victime indienne est décédée une semaine après avoir été hospitalisée à son retour des Émirats Arabes Unis. Les premières analyses effectuées sur lui samedi en Inde ont montré qu’il était porteur du variant ouest-africain du virus et des tests complémentaires doivent encore être menés. 165 passagers se trouvaient à bord du même vol que lui depuis les Émirats, mais aucun d’entre eux n’a eu de contact rapproché avec le malade, a assuré le ministère.

“Le jeune homme n’avait pas de symptômes de variole du singe. Il a été admis à l’hôpital avec des symptômes d’encéphalite et de fatigue”, a indiqué dimanche la ministre de la Santé du Kerala, Veena George, citée par le quotidien Indian Express.

Vingt personnes identifiées comme étant à haut risque ont été placées en observation, a-t-elle précisé, y compris des parents, des amis et du personnel médical, susceptibles d’avoir été en contact avec la victime. L’Inde a enregistré au moins quatre cas de la maladie, dont le premier le 15 juillet chez un autre homme de retour au Kerala après un voyage aux Émirats Arabes Unis.

Plus de morts à venir ?

Le Bureau régional de l’OMS en Europe prévoit une augmentation du nombre des décès en lien avec la variole du singe, même s’il souligne que les complications sévères restent rares et que bien souvent, la maladie se guérit d’elle-même, sans nécessiter de traitement.

L’objectif doit être “d’interrompre rapidement la transmission du virus en Europe et mettre un coup d’arrêt à cette épidémie”, a déclaré Catherine Smallwood, une responsable des situations d’urgence de l’OMS Europe.

Les premiers symptômes sont une forte fièvre, des ganglions lymphatiques gonflés et une éruption cutanée semblable à celle de la varicelle. Pour l’instant, l’OMS souligne qu’il n’y a pas de vaccins pour tout le monde et recommande donc de donner la priorité à ceux qui sont le plus à risque, ceux qui sont malades et ceux qui les soignent ou font de la recherche.

Salomé Vincendon avec AFP Journaliste BFMTV

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